Partager l'article ! Réflexion pour mon cours de "Adjusting to Japan" n°2 - Gambari: Une autre réflexion, cette fois sur un texte qui parlait de "gambaru" (faire d ...
A tire d'aile
Une année au Japon
Une autre réflexion, cette fois sur un texte qui parlait de "gambaru" (faire de son mieux/travailler dur/etc)
"Je n'y avais jamais réellement songé, mais c'est vrai que l'un des premiers mots de japonais que j'ai appris était "gambaru". J'ai commencé à regarder des animes quand j'étais au collège et les personnages n'arrêtaient pas de répéter ce verbe. Au début, maintenant que j'y pense, je me souviens que j'avais été un peu dérangée quand je m'étais rendu compte que la traduction de "gambaru" pouvait changer d'une phrase à l'autre, en fonction du contexte. Mais j'ai probablement compris de façon intuitive le sens général, parce que je me rappelle que, le jour où j'ai pris ma première leçon informelle de japonais avec une élève de ma mère (Maki), je lui ai fièrement répondu "hai, gambarimasu" quand on s'est dit au revoir, après qu'elle m'a encouragé à travailler dur. Elle a dû rire un peu, mais c'était l'esprit.
Après ça, même sans mettre les pieds au Japon, j'ai vite compris que les japonais ne s'arrêtent jamais de "gambaru". Ils le font à l'école, au travail, et ça va jusqu'à les suivre dans ce qui devrait être leur temps libre. Ils n'ont pas vraiment le choix, puisque s'ils ne le font pas, ils risquent d'être mis à l'écart de leur société. Même si bien sûr tout cela est en train de changer, j'ai tout de même l'impression de pouvoir les observer "gambaru"... tout le temps et partout.
J'ai remarqué une autre chose dans ma vie au Japon : leur apparente gêne à avoir du temps libre. Lorsque je rencontre des japonais pour la première fois, ils me demandent toujours assez vite "que fais-tu quand tu n'es pas à l'école ? quels sont tes hobbies ?" Ce sont des questions auxquelles je ne suis plus habituée à répondre, mais ici au Japon je suis soudainement très consciente du fait que je ne fais rien d'utile ou dont je pourrais être vraiment fière dans mon temps libre. Quand je leur retourne la question, par contre, je suis souvent surprise d'entendre des choses comme "oh, je suis très impliqué dans une association", "je suis dans le club de volley", "j'organise des rencontres"... On dirait qu'ils ne s'adonnent jamais à leur hobby tout simplement pour s'amuser ou se reposer. Il y a toujours un degré d'implication et de travail important. Ils "gambaru".
Et je me sens toujours un peu honteuse (et, en même temps, assez amusée) d'admettre cette vérité horrible : j'adore ne rien faire.